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vendredi 21 janvier 2011

Take the days and the hours, throw them up in the air.

Lorsque la fashion week bat son plein, que les castings s'enchaînent, que vos cheveux subissent une bonne dizaine de traitements par jour et que votre visage se voit maquillé, démaquillé, encore et encore, quoi de mieux pour s'éloigner du chaos ambiant que de se laisser aller avec des copines mannequins qui, loin de se laisser influencer par le rythme trépidant auquel elles sont soumises, se laisse au contraire flotter à travers la vie? Iselin a définitivement adopter cette technique de relaxation apparemment, et à travers les photographies prises en coulisses de divers défilés à travers différentes saisons que j'ai recueillies, j'ai pu remarqué qu'elle avait un certain talent pour se lier avec des collègues à elle réputées pour leur originalité, leur sens de l'humour ou leur attitude nonchalante : ainsi, sa visible liste d'amies s'organise autour de noms tels Hanne Gaby Odiele, Freja Beha Erichsen ou Bianca Balti, entre autres.

Hanne Gaby & Iselin backstage at Anna Sui & Valentino F/W 2010

Hanne Gaby, c'est avant tout une manière de s'habiller inégalable, très originale et tout en faux fuyants. Off-duty, elle est également une personne plutôt exubérante, n'hésitant pas à jouer le jeu lorsque les photographes s'agitent autour d'elle en essayant poses extravagantes, jeux de regards effrontés ou tout simplement en affichant un sourire des plus sincères et éhontés. On s'imagine donc que pour se lier d'amitié avec elle, il est nécessaire de ne pas se prendre trop au sérieux et d'avoir une certaine propension à la rigolade...

Kasia Struss & Iselin backstage at Alexander Wang, Blumarine, Narcisco Rodriguez,

Prada, Rag & Bone F/W 2010 and Isabel Marant S/S 2010

Kasia est une mannequin polonaise qui a depuis bien longtemps gagné sa place dans mon top cinq en matière de mannequins. Emblème même du sérieux sur les podiums, soit pétillante soit sereine loin de ceux-ci, il est également possible de découvrir son sens de l'humour très humble et désinvolte à travers les diverses interviews ayant été conduites avec elle. Elle et Iselin ont récemment travaillé ensemble pour Vogue Espagna (éditorial auquel je consacrerai un article très prochainement), toutefois il semble qu'elles n'aient pas attendu cette occasion pour créer une certaine affinité... ainsi elles rient, commèrent, discutent ou posent ensemble dès que l'opportunité se présente, et une fois de plus, le fait qu'elles soient proches me laisse penser qu'Iselin doit être à même d'apprécier un trait de caractère tel la fantaisie, évident chez Kasia... j'en suis même arrivée à la conclusion qu'elle même en est peut-être dotée, qui sait?

Bianca Balti & Iselin backstage at Prada F/W 2010

Vous souhaitez vous même jauger l'humour de Bianca? CLIQUEZ et vous verrez. Les mots perdent tout relief lorsqu'une preuve animée des plus éloquentes est juste à portée de main, n'est-ce pas?

Freja & Iselin backstage at Calvin Klein F/W 2007

and Rag & Bone F/W 2010

Selon un vieil adage, il est crucial de garder le meilleur pour la fin ; bien que je préfère agir suivant de véritables raisons et non pas de simples proverbes réducteurs, je vais cette fois-ci faire une exception en vous présentant en dernier lieu le duo Freja & Iselin, celui pour lequel j'ai le plus d'affection, et ce pour de nombreuses raisons. Tout d'abord, et j'ose supposer que vous l'avez compris vu le nombre de fois où je l'ai introduite dans mes articles, Freja est ma seconde mannequin favorite. De plus, cette dernière et Iselin ont collaboré un nombre incalculable de fois ensemble, et ont à chaque fois fait des merveilles. Enfin, je trouve qu'elles se ressemblent énormément, dans le sens où toutes deux sont souvent affublées du qualificatif androgyne et pourtant parviennent à osciller entre masculinité et féminité, élégance et simplicité avec énormément d'aisance. Elles sont également dotées d'un type de beauté similaire : corps longiligne, traits rudement définis et sourire irradiant, avant de partager la même nonchalance vis à vis de leur succès, de la superficialité ambiante qui les entoure, et de la pression qu'exerce le milieu de la mode sur l'essence d'un être : ce que cet être est réellement et que toutes les fioritures caractérisant la mode cherche à dénaturer en s'imposant à lui comme moyen unique et imparable de s'affirmer. Freja, tout comme Iselin, ont toujours arboré des tenues des plus basiques et naturelles, ce que je trouve extrêmement rafraîchissant (non, tout le monde n'est pas fasciné par les tenues clown-esques d'Anna dello Russo!), pour ne pas dire tenace.

Je suppose que je dois apparaître comme étant légèrement trop enthousiaste pour parvenir à dresser de telles conjectures à partir d'une poignée de clichés pris ça et là, ou peut-être un peu trop idéaliste? Peut-être le suis-je. Peut-être vais-je un peu trop loin dans mes investigations et conclusions, mais après tout, je n'ai jamais prétendu être une source d'informations encyclopédique et froide, objective et déshumanisée. J'aime supposer, analyser, décortiquer, disséquer, me questionner, et le moins qu'on puisse dire, c'est qu'Iselin m'inspire suffisamment pour me permettre de m'adonner à tous ces plaisirs à un point ou à un autre, ce qui est une preuve concrète de l'aura de mystère qui l'entoure elle et son travail. Comment se lasser d'une mannequin étant à l'origine de tant de raisonnements et de stimulation intellectuels? Je ne me le suis jamais demandé, car il ne m'est jamais venu à l'idée que je pourrais un jour ne plus m'intéresser à elle.

sources : fashionmag.fr ; headpress ; style.it ; thecelebritycity.com

mercredi 19 janvier 2011

L'hiver avant l'hiver.

J'ai été inspirée par la sortie du nouveau numéro Collections de Vogue Paris et saute donc sur l'occasion de poster l'éditorial publié dans celui de la saison dernière, photographié par David Sims et duquel Iselin faisait bien évidemment partie. Elle y était également entourée par Freja, Aline, Daria, Joan, Monika, Crystal et Frida.






J'aime en général énormément ce genre de séries de photographies longues, prises et en studio et au milieu de divers paysages, car elles permettent aux mannequins de déployer tout leur talent d'actrice et leur polyvalence. En effet, celles-ci doivent s'adapter aux différentes marques auxquelles qu'elles sont demandées d'incarner le temps d'un cliché, elles ont également l'opportunité de varier leurs poses et expressions afin de transmettre des émotions variées suivant les tenues qu'elles portent et les endroits où elles ont été photographiées ; bref, c'est une occasion en or pour elles de révéler le caméléon qui se tapit en elles (ou pas), tout en pimentant l'ensemble pour nous faire oublier la tentation de passer des pages - car oui, prendre le temps de scruter 68 photographies si chacune d'entre elles se ressemblent n'est pas forcément le passe-temps le plus distrayant au monde.

Pour être sincère cependant, je dois avouer ressentir des sentiments relativement mitigés vis à vis de la performance d'Iselin. Elle qui peut si savamment alterner entre énergie débordante et quiétude solennelle ; pureté candide et férocité imposante ; élégance désinvolte et flamboyance m'as-tu-vu semble tout simplement lasse ici, et ce tout le long de l'éditorial. Elle n'apparaît pas comme avoir fait de gros efforts d'expressivité et se tient juste devant l'objectif, parfois esquissant de jolies poses délicates, à la valeur quelque peu introspective, comme sur les clichés cinq, sept et neuf - ce qui reste insuffisant pour me faire me répandre en éloges ininterrompues. Dans ce cas également, tous les critères ont intérêt à être pris en compte et analysés - le manque de versatilité d'Iselin à travers ces photographies est-elle due aux instructions qu'elle fut donnée par le photographe ou à son manque de motivation à elle? Personnellement - et un peu malgré moi - je pencherais vers la seconde position. En effet, en me replongeant dans ses collaborations passées avec David Sims et en étant attentive aux autres images de cet éditorial, je me suis rendue compte que ce dernier tend souvent à pousser ses modèles au maximum de leur capacités et à leur permettre d'asperger la caméra d'énergies diverses et nombreuses ; en gros, ils ne les cantonnent pas à un rôle unique mais leur offre la totale liberté d'alterner entre différents personnages.

Si mes mots ne vous parlent pas, voici en images ce que j'attendais de la part d'Iselin et ce dont elle est amplement capable :

Freja par David Sims dans "Mode Mode Mode" - Septembre 2005 

Freja par David Sims dans "L'hiver avant l'hiver" - Septembre 2010

Et puisque tout bien considéré, il est inutile de s'éterniser sur le passé (à quoi bon ce blog me diriez-vous? moi-même il m'arrive de me le demander...), il n'y a plus qu'à espérer que le prochain éditorial Collections sous les commandes d'Emmanuelle Alt laissera Iselin apparaître et nous la dépeindra comme fidèle à elle-même, c'est à dire faisant étalage de son talent incommensurable sans aucune retenue! En attendant, je vais vous gâter et offrir à vos yeux un avant-goût des petites merveilles photographiées par Mario Sorrenti qui se cachent au sein des pages du numéro de ce mois-ci, et qui sont dignes d'être qualifiées d'oeuvres d'art :

Natasha - Sasha - Freja

Natasha - Freja - Daphne & Saskia

Daphne & Saskia - Daphne - Joan

source : scanned by me ; scanned by Kanna @ tFS

mardi 18 janvier 2011

You may say, I'm a dreamer...

Je suppose que toute personne portant un semblant d'intérêt au milieu de la mode associe forcément une mannequin à une marque ; ou parce que la connexion est inévitable vu la relation florissante qu'il existe entre la mannequin et la maison en question, ou parce que la mannequin semble correspondre et personnifier parfaitement l'image que vous accolez à cette maison. Il se trouve que depuis que Maria Grazia Chiuri and Pier Paolo Piccioli ont pris la relève à la tête de Valentino et qu'ils ont éloigné la marque de l'idée de femme fatale à laquelle elle était désespérément limitée, je rêve d'une collaboration plus poussée entre cette dernière et Iselin. 


Printemps-Été 2010

Cela peut sembler à priori surprenant étant donné que la définition de la femme Valentino que les créateurs ont mis en place à travers leurs vêtements semble renvoyer à l'image d'une jeune fille à peine sorti de ses années d'épanouissement, s'étant enveloppée de tulles aériens aux couleurs pastels de la manière la plus désinvolte possible... Et bien qu'Iselin ne soit visiblement pas une personne forcée et entretenant une haute opinion d'elle-même, elle représente moins cette jeunesse pubescente qu'une maturité assumée et imposante. Cependant - et peut-être cela est-il dû au fait que Freja est l'égérie de Valentino depuis deux saisons alors que de toute évidence on aurait plus tendance à l'associer à Rick Owens qu'à cette maison de vêtements - la physionomie pleine de caractère, et parfois pleine de dureté d'Iselin me semble en parfait accord avec les designs de Chiuri et Piccioli. En effet, tandis que lorsque de jolies, juste jolies, filles à l'instar de Frida Gustavsson ou Julia Saner posent le pied sur le podium vêtue de leurs créations, je ne peux m'empêcher d'être totalement horripilée par l'aspect rosé, les coupes légères et fillettes, l'amas de tulles et de dentelles qui foisonnent à présent chez Valentino ; les vêtements m'apparaissent comme terriblement niais et non crédibles. Au contraire, lorsque des mannequins dont la personnalité forte déteint sur les tenues avancent avec détermination et théâtralité sur le podium, je suis moins choquée et distraite par la frivolité évidente des vêtements et arrive à discerner en eux des pièces créées pour des femmes et non pas pour des Barbies, au sens propre du terme.


Automne-Hiver 2010

De plus, si vous regardez ne serait-ce qu'évasivement tous les défilés Valentino depuis que le duo a pris les commandes (enfin, sauf leur première collection qui semblait avoir été créée par Valentino lui-même de manière officieuse), ceux-ci sont souvent empreints d'une atmosphère dramatique et quelque peu lyrique. Selon moi il apparaît comme évident que les créateurs cherchent non seulement à inculquer une certaine profondeur à leur créations mais également à briser les clichés selon lesquelles les femmes fatales portent des robes longues de satin, les fillettes s'habillent de couleurs pâles et de dentelles, les garçons manqués portent du cuir et du noir etc. L'impression que leur univers créatif est bien plus paradoxale. Il ne s'agit ici que d'une idée personnelle, mais à travers leur travail semble selon moi transpercer leur envie de créer des vêtements qui s'adapte et sont définis par la femme qui les porte - qu'importe la catégorie de femme dans laquelle on la range. Valentino était selon moi bien trop limité et rébarbatif, pour de pas dire prévisible et seulement doué à enrouler des tissus autour du corps des femmes sans chercher à leur conférer un sens, un histoire et une portée. Au contraire, j'apprécie énormément la valeur antagoniste des vêtements de Chiuri et Piccioli et la volonté de ceux-ci de renverser les codes vestimentaires. 

D'ailleurs j'ai un faible immense pour les deux dernières campagnes de la marque, photographiées dans les locaux originaux Valentino situés sur la Place Vendôme. Ici également je ressens une véritable opposition entre la simplicité de la photographie et le caractère mythique, mystique, chargé de passé du site.

Automne-Hiver 2010 - Printemps-Été 2011

Et juste pour continuer à archiver le travail d'Iselin et par la même occasion établir une petite comparaison entre l'inclinaison esthétique de Valentino de nos jours et celle à l'époque où le créateur éponyme tenait encore les rênes de sa maison :

Printemps-Été 2006

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Iselin pour la campagne Printemps-Eté 2007 par Mert & Marcus - le reste ICI

Il est indéniable que la marque a évolué - et en voyant ces clichés ci-dessus, j'aurais presque envie de m'exclamer Merci mon Dieu! Cette campagne Valentino, l'unique qu'Iselin n'ait jamais décroché, doit être mon ultime bête noire parmi tout le travail photographique qu'elle a fourni depuis le début de sa carrière. Elle a beau être ma mannequin favorite, cela ne me rend pas pour autant aveugle - au contraire je peux même être d'autant plus critique, car connaissant ses capacités je n'aime pas à les voire réduites voire même totalement annulées à cause des mauvaises directions artistiques que prennent les photographes, stylistes, ou créateurs autour d'elle. Dans tous les cas, il est maintenant temps de faire appel à la loyauté de David Sims vis-à-vis d'Iselin : Mrs. Sims, évincez Julia, gardez Caroline si vous le souhaitez, mais s'il vous plaît, s'il vous plaît, faites-moi le plaisir d'unir Freja et Iselin au sein d'une même campagne Valentino. Amen.

sources : vogue.it ; fashionmag.fr ; valentino.com ; styleregistry @ livejournal